Catégorie : Suisse

Un dessert sans chocolat…

Les desserts au chocolat sont toujours gagnants à la maison, mais quand je veux varier, je m’oriente en général vers les desserts aux pommes. Cependant, il y a un autre dessert qui disparaît à vitesse grand « V » : la coupe Hawaï. Je ne connaissais pas ce dessert avant d’arriver en Suisse. C’est la spécialité de la grand-maman de mon chéri : celui où tout le monde se ressert (quitte à repasser dans la journée) et où il n’y en a jamais assez. Alors quand j’ai proposé à mon chéri d’en faire, il n’y a vu aucun inconvénient.

J’ai vu une seule fois la mère de mon chéri préparer cette recette, mais je n’ai rien noté sur le moment. Alors j’ai fait quelques recherches et j’ai combiné plusieurs recettes avec mes souvenirs. Cette version est donc ma coupe Hawaï, elle n’égale pas la celle de la grand-maman de mon chéri, mais s’en rapproche assez pour disparaître en moins de 24 heures.

Dessert à l'ananas léger
Coupe Hawaï
Pour 1 à 6 portions

1 moyenne boîte ou 8 tranches d’ananas
  (environ 250 g d’ananas égoutté)*
⅓ de tasse ou 60 g de sucre
2 cuillères à thé de fécule de maïs ou de maïzena
1 oeuf
¾ à 1 tasse ou 180 à 230 g de crème à fouetter
  ou de crème entière
3 cuillères à soupe de sucre supplémentaire

Ouvrir la boîte et égoutter l’ananas, conserver le jus de la boîte et le mesurer ou le peser. Il faut au minimum ¾ de tasse ou 180 g de jus d’ananas. La quantité de jus d’ananas détermine la quantité de crème : il faudra la même quantité (ou poids) de jus d’ananas et de crème. Si nécessaire, découper l’ananas en petits morceaux et réserver.

Dans un chaudron, mélanger la fécule de maïs (maïzena) et ⅓ de tasse ou 60 g de sucre. Ajouter l’oeuf et fouetter jusqu’à ce que la préparation soit homogène, il faut environ 1 minute. Incorporer le jus d’ananas et porter le mélange à ébullition en fouettant régulièrement. Retirer le chaudron du feu dès les premiers bouillonnements, la préparation aura épaissie. Verser la préparation dans un bol et laisser tiédir 10 à 15 minutes à température ambiante. Ajouter les morceaux d’ananas (en réserver quelques uns pour décorer si désiré) et bien mélanger. Couvrir d’une pellicule plastique et réfrigérer jusqu’à ce que la préparation soit bien froide, soit environ 2 heures.

Quand la préparation d’ananas est bien froide, fouetter la crème, en ajoutant les 3 cuillères à soupe de sucre, jusqu’à l’obtention de pics mous**. Incorporer un tiers de la crème au mélange d’ananas pour alléger la préparation avant d’ajouter délicatement le restant de crème fouettée. Verser dans des ramequins ou des verrines et décorer avec les morceaux d’ananas réservés, si désiré. Conserver au réfrigérateur jusqu’au moment de servir.

*J’ai utilisé deux petites boîtes d’ananas de 220 g (poids net). Au Québec, je suis certaine qu’une moyenne boîte a la bonne contenance. Il est possible de prendre de l’ananas déjà découpé en petits morceaux. Si vous voulez utiliser de l’ananas frais, il faudra le faire cuire, car les enzymes de l’ananas altéreront la crème ainsi que le goût.
**Si désiré, ajouter un « fix chantilly » ou un « raffermisseur de crème fouettée » pour conserver ce dessert plus longtemps.

Et vous, quel dessert disparaît dans moins de 24 heures?

J’oublie un, mais pas l’autre…

Cette année pour la Saint-Jean-Baptiste, je n’ai rien fait de particulier… même pas un petit dessert ni de poutine pour souligner cette fête. On se rattrapera l’année prochaine. Il aurait pu en être de même pour le 1er août, la fête nationale de la Suisse. C’était sans compter sur mon chéri.

Depuis plus d’une semaine, la grande question est de savoir s’il y aura des feux d’artifice ou non. Était-ce un message subtil pour me rappeler la fête nationale? Je ne crois pas, mais pourquoi ne pas vous proposez une recette suisse en cette occasion. Cette année, j’ai opté pour un pain de seigle style valaisan. Le pain de seigle valaisan est particulièrement dense sans être sec, il a même une AOC! C’est un pain difficile à reproduire à mon avis, mais cette recette de l’Agence d’information agricole Romande, tiré du livret La cuisine au four des paysans suisses, s’en rapproche grandement.

Un pain dense à déguster en tranche fine
Pain de seigle style valaisan
Pour 1 pain

Pâte fermentée
1 tasse ou 125 g de farine de seigle
1 tasse ou 250 g d’eau tiède
½ de cuillère à thé ou 1,5 g de levure sèche ou 5 g
  de levure fraîche

Pâte
1¾ tasse ou 225 g de farine de seigle
¼ de tasse ou 25 g de farine complète ou blanche
1 cuillère à thé de sel
½ de cuillère à thé ou 1,5 g de levure sèche ou 5 g
  de levure fraîche

Pâte fermentée
Dans un bol, délayer la levure dans l’eau. Incorporer la farine de seigle et bien mélanger. Couvrir d’une pellicule plastique et laisser reposer à température ambiante pendant au minimum 12 heures.

Pâte
Le lendemain, incorporer la levure dans la pâte fermentée. Ajouter la farine de seigle, la farine complète ou blanche et le sel. Pétrir la pâte sur un plan légèrement enfariné pendant 10 minutes. Ne pas ajouter de farine, la pâte va devenir moins collante au cours du pétrissage. Déposer la pâte dans un bol, couvrir d’une pellicule plastique et laisser lever à température ambiante pendant 1 ou 2 heures ou jusqu’à ce que la pâte ait doublée de volume et se déchire légèrement.

À l’aide de la main, dégonfler la pâte et façonner le pain en boule. Déposer la pâte sur une plaque de cuisson recouverte de papier parchemin. Couvrir et laisser lever pendant 45 minutes à 1 heure.

Préchauffer le four à 220°C (425°F).

Enfourner le pain et cuire pendant 40 à 50 minutes. À la sortie du four, laisser totalement refroidir le pain avant de déguster.

J’adore le pain de seigle avec un peu de beurre salé, c’est irrésistible! Si vous avez la possibilité, je vous conseille vivement de goûter le pain de seigle valaisan AOC. Bon 1er août!

Des biscuits suisses…

Chaque pays a ses traditions pour Noël, surtout lorsqu’on parle de pâtisseries et de sucreries. Je me suis demandé quelles étaient les spécialités suisses en cette période. Je n’ai pas eu à réfléchir longtemps avant de voir surgir à mon esprit les leckerlis, les merveilles et les bricelets.

Ici, je vais m’attarder au dernier cité : les bricelets. C’est une sorte de gaufrettes très minces qui peut être sucrée ou salée. Il existe beaucoup de recettes différentes : chaque famille suisse (ou presque : Est-ce que le bricelet est présent dans tous les cantons?) possède sa variation. Sachez que si vous proposez des bricelets à un Suisse ou une Suissesse, il vous dira certainement que c’est sa grand-mère (ou grand-maman) qui fait les meilleures. Ne vous inquiétez pas, les Suisses ont aussi l’esprit de famille… par moment du moins.

Cette recette est une adaptation de plusieurs autres. J’aime bien cette version, car elle demande peu d’ingrédients et ceux-ci se retrouvent habituellement dans nos cuisines. J’ai fait une petite expérience : comme ce n’est pas tout le monde qui possède un fer à bricelet (ou à gaufrette), j’en ai fait cuire quelques uns au four. La couleur, la texture et le goût sont légèrement différents, mais c’est une alternative intéressante. À vous de voir.

Bricelets au fer, bricelets au four
Bricelets
Pour 24 biscuits

1 tasse ou 120 g de farine
⅔ de tasse ou 120 g de sucre
⅔ de tasse ou 160 g de crème à 35 % ou entière*
½ tasse ou 125 g d’eau
3 cuillères à soupe de vin blanc
1 pincée de sel

Dans un bol, mélanger la farine, le sucre et le sel. Incorporer la crème, l’eau et le vin blanc. Fouetter jusqu’à ce que la préparation soit homogène. La pâte devrait être assez liquide : semblable à une pâte à crêpe.

Pour la cuisson dans un fer à gaufrettes ou à bricelets, faire chauffer l’appareil. Verser l’équivalent de 2 cuillères à soupe de pâte, refermer l’appareil et cuire pendant 1 minute et demi ou jusqu’à ce que la pâte soit dorée. Le temps peut varier selon le type de fer. Retirer le bricelet du fer, il sera mou et très flexible, le déposer sur un papier ménage, un essuie-tout ou un linge propre** et l’enrouler sur un crayon ou sur un autre support de forme cylindrique. Utiliser le linge pour rouler les biscuits et pour éviter les brûlures. Laisser refroidir pendant 1 minute, retirer le crayon et déposer sur une assiette. Recommencer jusqu’à épuisement de la pâte.

Pour le cuisson au four, préchauffer le four à 180°C (350°F). Sur une plaque de cuisson recouverte de papier parchemin, verser 1½ cuillère à soupe de pâte et l’étaler pour former un cercle d’environ 9 cm (3½ pouces) de diamètre. Au début, préparer 3 à 4 biscuits par fournée. Enfourner et cuire pendant 8 à 9 minutes ou jusqu’à ce que les contours des biscuits soient dorés. Retirer un biscuit de la plaque et le déposer sur un papier ménage, un essuie-tout ou un linge propre et l’enrouler sur un crayon ou sur un autre support de forme cylindrique. Utiliser le linge pour rouler les biscuits et pour éviter les brûlures. Procéder ainsi avec tous les biscuits de la plaque avant qu’ils aient refroidis. Quand les biscuits ont durci, retirer le crayon et les déposer sur une assiette. Recommencer de nouvelles fournées jusqu’à épuisement de la pâte.

Conserver les bricelets dans une boîte en métal ou hermétique et à l’abri de l’humidité. Dans ces conditions, ils peuvent se conserver pendant plusieurs mois sans bouger.

*Vous pouvez utiliser de la double crème ou de la crème épaisse. Dans ce cas, réduire la quantité de crème et augmenter la quantité d’eau et de vin. Utiliser l’un des deux mélanges pour liquifier légèrement la crème.
**Quand vous retirez le bricelet du fer ou de la plaque de cuisson, ne le poser pas sur une assiette de verre ou de porcelaine. Le choc thermique le fera durcir et il sera difficile, voire impossible à rouler.

Évidemment, vous n’êtes pas obligé de rouler vos bricelets : vous pouvez les plier en deux, les transformer en coupelle ou les laisser tel quel… mais les rouler, c’est quand même ce qu’il y a de mieux pour la dégustation.

Galettes croustillantes suisses

Il y a déjà un petit moment que je ne vous ai pas proposé de recette suisse. J’avoue, je ne me concentre pas uniquement sur cette cuisine; je trouve tellement de recettes à essayer ici et là que je ne me limite pas.

Vous connaissez peut-être les röstis, c’est galettes de pommes de terre cuites dans la poêle. Même dans certaines grandes épiceries québécoises, on trouve des préparations de rösti. Ici, je vous propose des röstis au four (Plain in Pigna en romanche, je crois), une spécialité des Grisons. Cette recette est tirée du livre Spécialités suisses de Betty Bossi.

Croustillant à souhait!
Rösti au four
Pour 2 personnes

400 g ou 3 pommes de terres moyennes
1½ cuillère à soupe de farine
½ cuillère à thé de sel
150 g de lardons ou 6 tranches de bacon*(facultatif)
1 cuillère à soupe de beurre ou de margarine
Poivre au goût
Muscade moulue au goût

Préchauffer le four à 200°C (400°F).

Éplucher et râper les pommes de terre. Déposer la chair râpée dans un bol, ajouter la farine, le sel, le poivre et la muscade et bien mélanger. Incorporer ⅔ des lardons dans la préparation.

Beurrer ou huiler légèrement une plaque de cuisson. Étaler les pommes de terre en une ou plusieurs galettes**. Répartir le beurre en petits morceaux sur la préparation et enfourner pendant 40 minutes ou jusqu’à ce que la surface soit bien dorée.

*Lorsque j’ai réalisé cette recette, je n’avais ni lardon ni bacon à ma disposition. La recette originale en contient, mais le résultat est tout aussi intéressant malgré cette omission.
**Je vous conseille de réaliser plusieurs röstis, ce qui vous facilitera la vie au moment du service. Vous pouvez faire des galettes de pommes de terre plus ou moins épaisse : plus elles sont minces, plus elles seront croustillantes et plus elles sont épaisses, plus elles seront moelleuses à l’intérieur et croustillantes à l’extérieur.

Pour votre information, le cantons des Grisons (Graubünden en allemand) est celui situé le plus à l’Est de la Suisse. Ses frontières touchent le Liechtenstein, l’Autriche et l’Italie. C’est également le plus grand des cantons suisses. En prime, c’est le seul canton trilingue avec l’allemand, l’italien et le romanche (cette dernière est un mélange de dialecte). Ce canton est également reconnu pour sa viande séchée, miam!

Une brioche tressée…

C’est sans doute une des premières spécialités suisses que j’ai gouté : la tresse. Cette pâtisserie n’est ni un pain ni une brioche, mais un mélange entre les deux. À déguster à tout moment : le matin avec de la confiture et pour le goûter avec du chocolat!

Cette recette est une adaptation de mon chéri. Après quelques expérimentations, il a développé cette façon de faire… Il existe plusieurs recettes de tresse : celle-ci va peut-être surprendre certains Suisses et Suissesses par sa quantité de beurre, de sucre et sa seule et unique levée, mais je n’en ai pas goûté de meilleure pour l’instant.

Tresse suisse
Tresse de Monsieur
Pour 8-10 portions

2 tasses ou 250 g de farine
¼ de cuillère à thé de sel
3 cuillères à soupe de sucre
¼ de tasse ou 50 g de beurre ramolli
1 cuillère à thé de levure sèche
½ tasse ou 120 g de lait tiède
1 jaune d’oeuf pour la dorure

Dans un bol, mélanger la farine, le sel, le sucre, le beurre et la levure. Ajouter, ensuite, petit à petit le lait. Pétrir la pâte pendant 10 minutes.

Diviser la pâte en deux et façonner des boudins de même dimension. Disposer les boudins de pâte en croix. En alternance, croiser le brin du haut avec celui du bas et croiser le brin de droite avec celui de gauche. Le brin du haut se ramasse en bas, le brin du bas se retrouve en haut, le brain de gauche se ramasse en haut et le brin de droite se retrouve à gauche*. Terminer le façonnage en repliant les extrémités des boudins sous la tresse**.

Déposer la tresse sur une plaque de cuisson recouverte d’un papier parchemin. Laisser lever la tresse dans un endroit chaud et humide pendant 1 heure à 1 heure et demi.

Préchauffer le four à 165°C (325°F).

Badigeonner la tresse avec l’oeuf et cuire pendant 25 minutes.

*Vous pouvez également façonner votre tresse en utilisant 3 boudins ou faire un autre façonnage comme ici et .
**Avec cette recette, vous pouvez réaliser 1 ou 2 tresses (ou encore plusieurs en portions individuelles). Si vous êtes peu nombreux à la maison, je vous conseille de réaliser 2 tresses, elles se conservent mieux quand elles ne sont pas entâmées.

Alors qu’en pensez-vous?