Lâche pas la patate

Quand j’habitais chez mes parents, la pomme de terre était omniprésente ou presque. Cuites à l’eau ou pilées (en purée), elles accompagnaient nos repas quotidiens. Il y avait quelques variantes : en frites avec le poulet rôti, cuites sur le BBQ en papillote (miam!) et en gratin avec les crevettes. J’ai même été dégoûtée par la purée : elle n’était jamais assez lisse à mon goût, et maintenant, je consomme seulement celle en flocons… Avec un peu de recul, je constate les étrangetés de nos assiettes : servir du riz et des pommes de terre en même temps. Ce n’est pas difficile de trouver cette association riz-frites dans les restaurants québécois. Je présume que c’est une habitude.

Quand je cuisine, il n’y a plus de riz et de pommes de terre dans le même repas… ou du moins, c’est un choix de la personne qui garnit son assiette. J’aime bien cuire la pomme de terre au four; mes parents trouvaient le temps de cuisson trop long : les pommes de terre étaient cuites de cette façon que pour certains repas, dont la fondue chinoise (bref, un repas que j’adore)! Pour moi, cette méthode demande peu de temps de préparation et laisse place à l’inventivité.

Voici donc la recette des pommes de terre rôties qui remplacent les frites dans nos assiettes (et oui, je n’ai pas de friteuse et je ne veux pas m’y risquer sur le gaz pour le moment). Je me suis basé sur la recette des pommes de terre rôties aux épices cajuns de Pure gourmandise.

Pommes de terre rôties
Pommes de terre rôties aux épices
Pour 2 personnes

3 ou 4 pommes de terre
3 à 4 cuillères à soupe d’huile d’olive
1 cuillère à thé de sel*
1 cuillère à thé de persil séché*
1 cuillère à thé de poudre de chili ou de paprika*
½ cuillère à thé d’ail en poudre*

Préchauffer le four à 150°C (300°F)**.

Laver les pommes de terre sans les peler. Couper les pommes de terre en quartier : 6 ou 8 selon leur taille.

Dans un bol, verser l’huile d’olive. Préparer la plaque de cuisson en la huilant légèrement ou en la couvrant de papier d’aluminium.

Enrober les quartiers de pommes de terre d’huile en les roulant dans le bol préparé plus tôt. Étendre les quartier sur la plaque de cuisson pour que la peau soit en-dessous. Mélanger les épices et saupoudrer sur la chair des pommes de terre. Enfourner la plaque et cuire pendant 45 minutes.

*Vous pouvez remplacer les épices par d’autres à votre choix, par un mélange du commerce ou les omettre. Essayer un mélange à la cajun avec ces épices que vous avez sous la main : ail en poudre, paprika, poivre de Cayenne, thym, origan, cannelle, muscade en poudre, poivre noir, moutarde sèche et coriandre.
**Vous pouvez adapter la température du four en l’augmentant et en enfournant votre second plat un peu plus tôt. Par exemple, après 20 minutes de cuisson des pommes de terre, j’augmente la température à 180°C (350°F) pour faire cuire des brochettes et je les enfourne. Après 25 minutes de cuisson à 180°C (350°F), tout est prêt.

Je crois que cette recette offre plusieurs possibilité : des pommes de terre à la grec, des frites plus santé, des pommes de terre piquantes ou encore des pommes de terre avec beaucoup d’ail pour faire fuir certains invités… Mais ça, ce n’est pas mon problème.

La saison des agrumes

Les journées sont fraîches et peu ensoleillées. C’est dans ce contexte qu’arrive, en abondance, les agrumes dans nos épiceries : des clémentines, des oranges, des pamplemousses, des pomélos et compagnie. Est-ce pour apporter un peu de soleil dans nos assiettes ou pour nous fournir des vitamines supplémentaires qui vont nous protéger contre la grippe? Dans mon cas, j’ai arrêté de manger des clémentines en novembre, et maintenant, je subis les inconvénients d’un nez irrité par le mouchage intensif. À vous de décider s’il y a un lien entre les deux.

Pour lutter contre la grisaille, je vous propose une recette asiatique avec du jus de clémentine. Je me suis inspirée de la recette de poulet à l’orange du blog Le palais gourmand.

Bol de sauté à la clémentine
Sauté de boeuf à la clémentine
Pour 3 personnes

300 g de boeuf (steak) coupé en lanières
1½ tasse ou 375 g d’eau
2 cuillères à table de jus de citron
¼ de tasse ou 60 g de jus de clémentine (2 ou 3 clémentines)*
⅓ de tasse ou 90 g de vinaigre de riz (ou vinaigre de cidre)
2 cuillères à table de sauce soya
1 tasse ou 185 g de cassonade (ou de sucre de canne)
1 cuillère à thé de gingembre en poudre
1 cuillère à thé d’ail en poudre ou 1 gousse d’ail haché
1 échalote émincée
¼ de cuillère à thé de sambal oelek ou de tabasco (ou une autre purée de piment)
3 (ou 2) cuillères à table de fécule de maïs (maizena)
2 cuillères à table d’eau
3 carottes coupées en rondelles

Remplir un chaudron d’eau, ajouter du sel et porter l’eau à ébullition. Plonger les carottes dans l’eau bouillante pendant 3 minutes. Rincer les carottes avec de l’eau froide pour arrêter la cuisson et réserver.

Dans une poêle, chauffer un peu d’huile. Ajouter les lanières de boeuf et les faire saisir rapidement, réserver au chaud.

Dans une autre poêle, mettre un peu d’huile pour faire sauter les carottes pendant 2 à 3 minutes. Ajouter l’échalote, l’ail, le gingembre en poudre et le sambal oelek, faire revenir 1 minute. Rajouter l’eau, le jus de clémentine, le jus de citron, le vinaigre de riz, la cassonade et la sauce soya. Faire frémir quelques minutes.

Mélanger l’eau et la fécule de maïs. Ajouter à la sauce pour la faire épaissir à la consistance désirée. Ajouter le boeuf dans la sauce. Servir avec du riz.

*Pour varier, vous pouvez prendre le jus d’un autre agrume.

Excusez-moi, mais j’entends la boîte de Kleenex qui m’appelle.

Quand on a des doutes

Il est difficile de prévoir le déroulement d’un repas : est-ce qu’il y a assez de bouchées pour l’apéritif, est-ce qu’il y a des aliments qu’il faut éviter… et surtout, est-ce que les convives auront faim pour le dessert? Dans un contexte comme Noël vaut mieux prévoir un dessert frais et léger (tout au moins en sensation). Évidemment, pour moi, il était inconcevable de ne pas avoir de bûche de Noël sur la table. L’idée d’une bûche à la française ne m’a pas effleurée et le gâteau roulé s’imposait naturellement. Et là, surviens un autre problème : la garniture! Une confiture de fruits rouge : elle ne m’inspirait pas et je n’avais pas envie d’obtenir une forêt noire roulée. Une crème au beurre… j’en ai un très mauvais souvenir et ce n’est pas, en général, une garniture qui fait l’unanimité. Alors, il me reste la possibilité de faire une ganache ou plutôt des ganaches.

Cette bûche se compose donc d’une génoise au chocolat, d’une ganache montée au chocolat Toblérone (selon la méthode de Mercotte, la spécialiste des macarons) et d’une ganache au chocolat blanc et aux épices.

Pour la génoise et la ganache au chocolat blanc, je me suis inspirée des recettes du livre La chimie des desserts.

Bûche entière
Bûche de Noël aux chocolats et aux épices
(ou gâteau roulé aux chocolats)

Pour 16 personnes

Génoise au chocolat
¾ de tasse ou 100 g de farine
¼ de tasse ou 30 g de cacao
1 tasse ou 200 g de sucre
6 oeufs
¼ de tasse ou 60 g de beurre non salé, fondu et tempéré

Ganache au chocolat blanc et aux épices
250 g ou 9 oz de chocolat blanc haché
¾ de tasse ou 180 g de crème à fouettée
¼ de tasse ou 60 g de beurre non salé froid et coupé en dés
¾ de cuillère à thé de cannelle moulue*
½ cuillère à thé de gingembre en poudre*
¼ de cuillère à thé de muscade moulue*
¼ de cuillère à thé de coriandre en poudre*

Ganache montée au chocolat Toblérone
200 g ou 7 oz de chocolat Toblérone haché
⅓ ou 90 g de crème à fouettée
1 tasse ou 250 g de crème à fouettée bien froide

Génoise au chocolat
Préchauffer le four à 180°C (350°F). Tapisser un plaque de cuisson de papier parchemin.

Dans un bol, mélanger la farine et le cacao. Ajouter 2 cuillères à table de sucre prélevées dans la tasse mesurée (ou sur les 200 g de sucre).

Dans un autre bol, fouetter les oeufs avec le sucre restant au batteur électrique jusqu’à ce que le mélange blanchisse, triple de volume et fasse un ruban en retombant du fouet (environ 10 minutes). Incorporer le beurre fondu délicatement à la spatule.

Ajouter le mélange de farine et de cacao sur le mélange d’oeufs en l’incorporant délicatement, au fur et à mesure, en pliant à l’aide d’une spatule.

Étaler la pâte sur la plaque tapissée et faire cuire au four pendant 12 minutes ou jusqu’à ce qu’un cure-dent inséré au centre du gâteau en ressorte propre.

Sur votre surface de travail, étaler un papier parchemin de la même dimension que le gâteau (ou plus grand) et saupoudrez-y du sucre. Renverser la génoise sur ce papier et retirer le papier parchemin qui a cuit avec le gâteau. Rouler le gâteau encore tiède dans le nouveau papier parchemin. Laissez refroidir.

Ganache au chocolat blanc et aux épices**
Placer le chocolat blanc haché dans un bol. Dans une casserole, porter à ébullition la crème. Retirer du feu et verser sur le chocolat. Laisser reposer 2 minutes sans remuer.

À l’aide d’un fouet, mélanger jusqu’à ce que la ganache soit lisse. Incorporer le beurre. Couvrir et réfrigérer 1 heure ou jusqu’à ce que la ganache soit froide mais tartinable. Ajouter les épices au goût. Au besoin, fouetter la ganache refroidit pour qu’elle se tienne.

Ganache montée au chocolat Toblérone**
Au bain marie, faire fondre le chocolat Toblérone. Dans un chaudron porter à ébullition le ⅓ de tasse ou les 90 g de crème à fouetter. Ajouter la crème chaude au chocolat en trois fois en brassant bien entre chaque addition. Incorporer la tasse ou les 250 g de crème froide et lisser l’appareil. Couvrir d’un film plastique et réserver au frais au moins 3 heures.

Fouetter le mélange pour obtenir une crème fouetté bien ferme. Réserver.

Montage
Dérouler le gâteau et étendre la ganache au chocolat blanc et aux épices. Enrouler le gâteau sur lui-même et glacer avec la ganache au chocolat Toblérone. Égaliser les bouts si désiré. Décorer la bûche avec des copeaux de chocolat ou selon votre fantaisie. Conserver au frais jusqu’au moment de servir.

*Les mesures pour les épices sont à titre indicatif, ajuster selon vos goûts. Il est également possible d’omettre les épices.
**Les ganaches peuvent être préparées la veilles et conserver au frais jusqu’à leur utilisation. Pour la ganache montée au chocolat Toblérone, fouetter au dernier moment, juste avant de glacer le gâteau.

Ce dessert a été bien apprécié malgré le repas copieux qu’il l’a précédé. C’était stratégique, j’avoue : en Suisse, il est rare de rencontrer quelqu’un qui puisse résister au chocolat…

Pour changer…

Ouf! Enfin un moment de répit. Je n’arrête pas de penser aux recettes que je souhaite publier, mais cette saison festive m’a bien accaparée. Voici donc une petite recette que nous avons servi en apéritif à Noël et en entrée pour la veille du jour de l’An.

Je me suis inspirée des Bricks au poulet et au citron confit de Requia. J’aime bien servir cette bouchée toute en saveur qui change des apéritifs traditionnels et suscite la curiosité des convives.

Aperçu de l'intérieur
Triangles de poulet et à l’ananas
Pour 12 bouchées

8 feuilles de brick ou de pâte phyllo*
150-200 g de poitrine de poulet désossée et sans peau
4 tranches ou 140 g d’ananas
¼ de bouquet de coriandre (30 feuilles)
½ cuillère à thé de paprika
¼ de cuillère à thé de coriandre en poudre
¼ de cuillère à thé d’ail en poudre
½ cube de bouillon de légumes
1 cuillère à soupe d’huile d’olive
Sel et poivre

Couper l’ananas en dés et réserver. Couper le poulet en petits cubes d’environ 1 cm (¼ de pouce) ou moins. Mettre l’huile dans une poêle et chauffer. Quand l’huile est assez chaude ajouter le poulet et le faire revenir. Une fois le poulet cuit, déposer-le dans un bol et laisser tiédir.

Ajouter l’ananas, les épices, les feuilles de coriandre hachées** et le demi-cube de bouillon de légume émietté. Mélanger et rectifier l’assaisonnement.

Couper les feuilles de brick en deux (ou les feuilles de philo en 2 ou 3 rectangles). Prendre une demi-feuille, replier en deux pour obtenir une bande d’environ 5 ou 6 cm (2 ou 2 ¼ pouces) de large. À une extrémité de la bande, déposer une cuillère à soupe du mélange de poulet et d’ananas. Replier un coin de la pâte sur la garniture. Un triangle devrait s’esquisser. Continuer de plier en suivant l’arrête du triangle sur la pâte. Utiliser de l’huile d’olive, si nécessaire, pour coller la pâte et finir le triangle.***

Le pliage est très simple même si l’explication est difficile à comprendre : regarder à l’arrière de l’emballage de votre pâte (il y a souvent des exemples de pliages), faîtes un pliage que vous maîtrisez ou cliquez sur ce lien du site Pause-Café & gourmandises (ici) les étapes sont bien illustrées (il y a également deux autres modèles).

Préchauffer le four à 180°C (350°F). Déposer les triangles de poulet sur une plaque huilée ou sur une plaque recouverte de papier parchemin. Cuire 10 à 15 minutes en retournant à mi-cuisson. Les bricks sont cuites quand la pâte est dorée.

*La pâte phyllo (ou filo) remplace les feuilles bricks, mais elles n’ont pas la même texture. La pâte phyllo peut prendre un peu plus de temps à cuire (20 minutes).
**Je déchire les feuilles de coriandre au dernier moment pour qu’elles libèrent tous leurs parfums dans la garniture.
***Après avoir façonner les triangles de poulet, il est possible de les congeler. Pour les cuire, vous procédez de la même façon, sans les dégeler. Les triangles sont prêt quand ils sont bien dorés.

Apéritif, entrée… ou un repas pour deux. Et oui, cette recette est passe-partout. En entrée, accompagner les triangles de poulet d’une salade; pour un repas, un riz ou un risotto et un légume de votre choix et vous vous retrouvez avec un repas équilibré. Cette recette se double facilement pour répondre à vos besoins.

Créer vos propres garnitures pour changer…

Beurk!

J’espère que vous avez passé de joyeuses fêtes (même si elles ne sont pas finies). Pour le réveillon de Noël, c’est mon chéri et moi qui avons préparé le repas. Pour l’occasion, il y avait les plats typiques des réveillons dans ma famille : une dinde, de la tourtière, une bûche, un gâteau aux fruits confits, des petits pains et autres accompagnements.

Habituellement, mes parents proposent aux convives la tourtière avec de la sauce ou du ketchup maison. Je voulais offrir cette possibilité à la famille de mon mari… Cependant, je n’aime pas les tomates entières ni le ketchup maison. Imaginez mon dilemme : comment savoir si quelque chose est bon sans y goûter? J’ai regardé des recettes sur le site Recette du Québec : quand j’ai vu que cette recette avait plus d’une centaine de commentaires positifs, je me suis dit qu’il n’y avait pas de risque.

Je ne pense pas refaire cette recette pour ma consommation personnelle, mais pour les gens qui aiment les tomates, je vous la conseille vivement. Vous pouvez consulter la recette originale : toutes les étapes sont imagées.

Pot de ketchup maison
Ketchup maison selon Sylvie
Pour 2 pots de 200 ml

3 grosses tomates ou 4 petites*
1 oignon
3 branches de céleri
1 pomme
½ piment vert (facultatif, je n’en ai pas mis)
¼ de cuillère à thé de sel
½ cuillère à soupe d’épices à marinades (ou ½ bâton de cannelle, 1 feuille de laurier, 2 clous de girofle, ¼ de cuillère à thé de moutarde sèche, ¼ de cuillère à thé de coriandre moulu, ¼ de cuillère à thé de poudre de chili et une pincé de poivre)
⅓ de tasse ou 75 g de vinaigre
⅔ de tasse ou 130 g de sucre

Remplir d’eau un chaudron et porter à ébullition. Entailler d’une croix le dessous des tomates. Quand l’eau bout, plonger les tomates pendant trente secondes. Peler les tomates et la pomme. Couper les tomates, la pomme, l’oignon, le céleri et le piment en dés.

Emballer les épices à marinade (ou le bâton de cannelle, la feuille de laurier et les clous de girofle) dans un coton à fromage ou dans un sachet de thé vidé de son contenu.

Dans un chaudron, mettre les dés de fruits et légumes, le sel, le sachet d’épices, les épices moulues et le vinaigre. Cuire à feu doux pendant 1 heure en brassant régulièrement.

Après une heure, ajouter le sucre et bien mélanger. Poursuivre la cuisson pendant 2 heures en brassant le mélange aux 15 minutes.

Quand le mélange est prêt, verser dans des pots et stériliser les comme pour les pots de confiture. Vous pouvez également verser le ketchup dans un pot que vous conserverez au réfrigérateur pour une consommation immédiate. Une fois le pot ouvert, consommer dans les 2 à 3 semaines suivantes en le conservant au frais.

*Il est possible de faire la recette avec des tomates de différentes variétés : tomate, tomate italienne, tomate jaune, tomate verte, etc. Pour la recette, j’ai utilisé des tomates régulières et des tomates italiennes (qui sont plus charnues). À vous de varier, de décliner et d’ajuster à votre goût le ketchup (sauf si vous êtes comme moi et que vous n’en mangez pas).

Fans de ketchup Heinz, je vous avertis, ces ketchups n’ont que le nom de commun.

Le ketchup maison peut s’utiliser pour accompagner des frites, des bâtonnets de poisson ou de poulet, sur du pain, évidemment une tourtière ou selon votre fantaisie!